Colloque 22 juin « Rethinking Music in France during the Baroque Era »

19 – 23 Juin 2018 Colloque : « Rethinking Music in France during the Baroque Era »
Iremus – CMBV- Royaumont

Communication de Michèle Dévérité en avant-première à Royaumont
Le Vendredi 22 Juin 2018 à 19h
« Couperin ou l’Âme – en peine »

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« La musique de Couperin imprègne notre inconscient et en agite les différents niveaux. On ne peut pas la dire exotique, parce qu’elle va bien au-delà de la signification implicite de ce mot et parce qu’elle creuse dans les profondeurs de notre vie intérieure. »
Wanda Landowska

LES FOLIES FRANÇAISES OU LES DOMINOS

Il est certes difficile de penser comme à l’époque de Couperin mais l’humain reste toujours l’humain et l’émotion reste intacte.
Ces folies françaises ont souvent été considérées comme légères… Costume de théâtre, plaisanterie, bal masqué, comédie, masques, fêtes galantes… cette vision ne me semblait pas refléter une idée de la fête mais bien plutôt une introspection plus profonde.

François Couperin publie les Folies Françaises, dans le XIII° ordre de son troisième livre en 1722. Il a cinquante – quatre ans, âge déjà avancé à cette époque.
Il mène une vie très discrète dans l’intimité familiale, malgré ses nombreuses charges, une existence néanmoins parsemée d’expériences douloureuses depuis son enfance :
La mort de son père lorsqu’il a onze ans, la pauvreté, la mort de sa mère à vingt ans, la perte de Nicolas – Louis et de François, deux fils morts en bas âge et la fuite mystérieuse d’un autre fils, François – Laurent à l’âge d’environ quinze ans du domicile familial, qui réapparaitra fugitivement deux ans après la mort de son père.
Les maladies chroniques de Couperin semblent d’ailleurs se déclarer à partir de ce moment.

Loin des fastes de la Cour, des bals et des fêtes, Couperin l’introverti nous convie à travers ces Folies Françaises,
à une réflexion profonde sur notre condition humaine, à l’encontre de cet étourdissement mondain et vain.
On pourrait citer ce vers de Chassignet :
« Ainsi légèrement s’enfuit la vie humaine, inconstante et volage. »

On peut parler de l’éphémère fragilité de l’existence, au XVII° et au XVIII° siècle : une méditation universelle, une interrogation existentielle fondamentale de toute société humaine.
Une horloge du temps, immuable, d’ordre mythologique, cosmologique et théologique qui exhorte au discernement et à la connaissance de soi, vers la quête d’une maturité ultime, avant d’accéder à l’Immortalité.

A travers les Folies Françaises, ou les vanités du monde, Couperin utilise pour cela plusieurs métaphores :

– l’une à travers les DOMINOS.
Ces dominos ne sont que d’humbles feuilles de papier uni « de toutes sortes de couleurs » 1 (Furetière) et de petit format, fabriqués par la corporation des Dominotiers depuis quatre siècles.

1 : certains sont marbrés, d’autres avec des motifs floraux ou géométriques grossiers

Encyclopédie Diderot et D’Alembert :
Domino: sorte de papier dont le trait, les desseins, et les personnages sont imprimés avec des planches de bois grossièrement faites, puis les couleurs mises dessus avec le patron, comme on le pratique pour les cartes à jouer. Le domino se fabrique particulièrement à Rouen et en d’autres villes de province. Il ne peut servir qu’aux paysans, qui en achètent pour garnir le haut de leurs cheminées. Tous les dominos sont sans goût, sans correction de desseins, encore plus mal enluminés, et patronnés de couleurs dures » (Mr Papillon)
Dominotier, c’est l’ouvrier qui fait les dominos, les papiers marbrés, les papiers d’une seule couleur.

Ils servent à recouvrir des livres de fabrication simple et des cahiers, ou à doubler des tiroirs et des petits objets ; plutôt utilisés dans les milieux populaires à défaut du cuir trop coûteux.
C’est un papier fragile et éphémère que l’on ne sait pas fabriquer en grand format.

– l’autre métaphore à travers la COULEUR.

A travers les écrits de Michel Pastoureau, historien d’art…
« Les couleurs véhiculent des codes, des tabous, des préjugés…formidables révélatrices de l’évolution de nos mentalités…
Systèmes de valeurs et de symboles en phase avec la réalité sociale d’une époque…poésie d’un langage mystérieux à déchiffrer »

et également

« LE TRAITÉ CURIEUX ET RÉCRÉATIF DES COULEURS … » de Marc de Vulson de La Colombière 1652 parmi quelques traités de l’époque baroque qui nous instruisent sur la symbolique des couleurs.

Correspondance Dominos – Couleurs

La Virginité sous le Domino Couleur d’Invisible
Invisible: Origine du monde, Innocence, Pureté… quelque chose d’insaisissable

La Pudeur sous le Domino couleur de Roze
Rose: Tendresse, Douceur

l’Ardeur sous le Domino Incarnat
Incarnat: couleur de chair, de carnation… délicatesse

l’Espérance sous le Domino Vert
Vert: ce qui bouge, couleur du Hasard, de la Chance, de la Virilité… Espérance et Jeunesse

La Fidélité sous le Domino Bleu
Bleu: Loyauté, Amour, Joie, Félicité

La Persévérance sous le Domino Gris de Lin
Gris de Lin: semblable à la fleur de lin, Gris bleu
Amour Violent et Impérieux

la Langueur sous le Domino Violet
Violet: la Vieillesse féminine douce

la Coquéterie sous différents Dominos
Inconstance, Frivolité

Les Vieux Galans et le Trésorières Suranées sous des Dominos Pourpres et Feuilles mortes
Pourpre: couleur noble, sagesse, amitié envers son prochain.
Feuilles mortes: couleur brun roux, couleur la moins aimée après le jaune, exprime la saleté

Les Coucous Bénévoles sous des Dominos Jaunes
Jaune : couleur vouée à l’infâmie, personnages dévalorisés comme les cocus

La Jalousie Taciturne sous le Domino Gris de Maure
Gris de Maure: Tristesse, Mélancolie, Vieillesse, Soucis

La Frénésie ou le Désespoir sous le Domino Noir:
Noir; Ténèbres, Douleur, Deuil, Tristesse

Toujours en perpétuel décalage, Couperin s’amuse avec ce sens caché et profond qu’il nous faut décrypter et il utilise un cadre musical bien particulier.
Prenant prétexte des Folies d’Espagne et leurs variations, hommage sans doute à Corelli, Couperin écrit à partir du thème aisément reconnaissable douze étapes très imagées de la vie: des « Folies Humaines ».
Des miniatures… La forme en est toujours brève, à l’échelle des petits papiers que sont les Dominos: jamais plus de 16 mesures sauf 18 mesures pour les vieux galans et les trésorières suranées.

Selon Furetière , » Les Folies d’Espagne, C’est une sorte de danse où l’on danse seul, comme la Sarabande »

Sarabande, Une danse de théâtre très élaborée pour un homme ou une femme, toujours seul(e). Une allégorie de l’être humain seul face à sa destinée ?

Très précieuses également, les indications des tempi et des affects qui nous laissent entendre des atmosphères, des climats différents, des ruptures. Il ne s’agit plus de variations à proprement parler car on est loin du thème initial.

  • La Virginité sous le Domino couleur d’invisible Gracieusement 3
  • La Pudeur sous le Domino couleur de Roze Tendrement 3
  • L’Ardeur sous le Domino incarnat Animé 3
  • L’Espérance sous le Domino Vert Gayement 9/8
  • La Fidélité sous le Domino Bleu Afectueusement 3/2
  • La Persévérance sous le Domino Gris de lin Tendrement, sans lenteur 3
  • La Langueur sous le Domino Violet Également 1/2
  • La Coquêterie sous diférens Dominos Gayement, Modéré, Légérement…6/8, 3/8 et 2/4
  • Les Vieux Galans et les Trésorières Surannées sous des Dominos Pourpres,et feuilles mortes Gravement 3
  • Les Coucous Bénévoles sous des Dominos jaunes Coucou coucou 3/8
  • La Jalousie Taciturne sous le Domino gris de maure Lentement et mesuré 3/2
  • La Frénésie ou le Désespoir sous le Domino noir Tres vite 3
  • L’Âme- en peine Languissament 3

Citons ce texte de François – Antoine Pomey (jésuite français) publié dans son Dictionnaire royal augmenté en 1670 décrivant un homme dansant une sarabande.

« Il dansa donc d’abord avec une grâce tout à fait charmante d’un air grave et mesuré, d’une cadence égale et lente & avec un port de corps si noble, si beau, si libre qu’il eut toute la majesté d’un Roi & qu’il n’inspira pas moins de respect qu’il donna de plaisir.
Ensuite, s’élevant avec plus de disposition & portant les bras à demi hauts et à demi ouverts, il fit les plus beaux pas que l’on ait jamais inventés pour la danse.
Tantôt il coulait insensiblement sans que l’on pût discerner le mouvement de ses pieds et de ses jambes & semblait plutôt glisser que marcher. Tantôt avec les plus beaux temps du monde, il demeurait suspendu, immobile & à demi penché d’un coté avec un de ses pieds en l’air & puis réparant la perte qu’il avait faite d’une cadence par une autre plus précipitée, on le voyait presque voler tant son mouvement était rapide.
Tantôt il avançait comme à petits bonds, tantôt il reculait à grands pas ; qui tous réglés qu’ils étaient paraissaient être fait sans art tant il était bien caché sous une ingénieuse négligence.
Tantôt pour porter la félicité partout, il se tournait à droite & tantôt il se tournait à gauche & lorsqu’il était au juste milieu de l’espace vide, il y faisait une pirouette d’un mouvement si subit que celui des yeux ne le pouvait suivre.

Quelque fois il laissait passer une cadence entière sans se mouvoir, non plus qu’une statue & puis partant comme un trait on le voyait à l’autre bout de la salle avant que l’on eut le loisir de s’apercevoir qu’il était parti.
Mais cela ne fut rien en comparaison de ce que l’on vit lorsque cette galante personne commença d’exprimer les mouvements de l’âme par ceux du corps & de les mettre sur son visage, dans ses yeux, dans ses pas et en toutes ses actions.
Tantôt il lançait des regards languissants et passionnés tant que durait une cadence lente et languissante & puis comme se lassant d’obliger, il détournait ses regards, comme voulant cacher sa passion & par un mouvement plus précipité il dérobait la grâce qu’il avait faite.
Quelques fois il exprimait la colère et le dépit par une cadence impétueuse et turbulente & puis représentant une passion plus douce par des mouvements plus modérés, on le voyait soupirer, se pâmer, laisser errer ses yeux languissamment ; et par de certains détours de bras et de corps nonchalants, démis, & passionnés, il parut si admirable et si charmant que tant que cette danse enchanteresse dura, il ne déroba pas moins de cœurs qu’il attacha d’yeux à le regarder

François POMEY, Le Dictionnaire royal augmenté, Lyon, Antoine Molin, 1671

La Tonalité

Si l’on se réfère aux codes de l’époque, la tonalité de si mineur qu’affectionnait tout particulièrement Couperin et si peu utilisée, exprime la solitude et la mélancolie pour Charpentier et Mattheson, la douceur et la tendresse pour Rameau, le pathétique pour Riccati : les couleurs de la vie en somme.

Puis comme un constat douloureux et impuissant face à l’implacabilité du temps qui passe inexorablement, « l’Âme-en peine » clôt ce cycle, spectatrice passive et éplorée.
C’est la solitude, peut-être quelques regrets inutiles… la vieillesse caduque selon l’expression de l’époque, triste de devoir mourir…qui se prépare aux ténèbres de la mort (tristesse, synonyme d’angoisse, mot actuel)
Parmi les philosophes, écrivains ou moralistes qui ont maintes fois abordé ce sujet – Descartes, Pascal, La Rochefoucauld, La Bruyère, La Fontaine – citons Madame de Lambert dans son traité de la vieillesse édité en 1732, ouvrage contemporain des Folies Françaises:
« Les passions nous attendent dans le cours de la vie, et il semble que ce soient des gîtes où il faut passer nécessairement.
Le dernier acte est toujours tragique. Nous avons en vieillissant les maux communs de l’humanité. Les maux du corps et de l’esprit…Les sentiments tristes sont à la suite de la vieillesse: elle tarit dans notre cœur la source de la joie et des plaisirs ; elle dégoûte du présent, et craint l’avenir; elle rend insensible à tout, excepté à la douleur. »

PHILOSOPHIE DES ÂGES DE LA VIE

« Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie, et nous y manquons souvent d’expérience malgré le nombre des années. »
La Rochefoucauld

Ces « Folies Françaises m’ont donné l’envie d’associer une autre correspondance en harmonie avec cette spirale de vie.

– Un support, « LE NOUVEAU JEU DE LA VIE HUMAINE », un jeu de l’oie qui à travers des étapes initiatiques, des passages ritualisés et incontestables, successions de renaissances et de métamorphoses, nous raconte les quatre âges de la vie – enfance, adolescence, maturité et vieillesse – s’accordant sur l’ordre de l’univers comme les éléments et les saisons.

« Les âges de l’homme sont divisés de 12 en 12 ans, d’abord Enfant, puis Adolescent, ensuite Majeur, Viril, Mûr et enfin Vieillard et Caduc, il passe le cours de sa vie dans une infinité de situations, qu’on s’est efforcé de rassembler ici comme elles se succèdent le plus ordinairement dans la nature. »

C’est un jeu qui date du tout début du règne de Louis XVI, peut – être un hommage à Voltaire, donnant ainsi un aperçu du goût philosophique de la France des Lumières. Sans intentions moralisatrices, il énumère plutôt défauts et qualités.
Ce chemin particulier illustre la question du libre arbitre. L’image de notre existence s’y exprime avec un réalisme étonnant dans une course pleine de périls. Il comporte 84 cases.*

Michèle DÉVÉRITÉ

I°ANNEXE:
Les différentes définitions des dictionnaires historiques nous montrent que le terme de domino en tant qu' » habit de bal » n’apparait qu’en 1762

1684
FURETIÈRE


Domino: coiffure des prestres pendant l’hiver. C’est une pièce de drap qui leur couvre la tête, qui leur serre le visage, & descend jusqu’au dessous des épaules
Dominoterie: ouvrage de dominotier. Ce marchand trafique en dominoterie.
Dominotier: ouvrier qui fait du papier marbré, & d’autres papiers de toute sorte de couleurs, et imprimés de plusieurs sortes de figures, que le peuple appelait autrefois des dominos. Il y a un corps de Dominotiers à Paris. Il est enjoint aux Syndics des Libraires de visiter les Dominotiers, Imagers et Tapissiers , afin qu’ils n’impriment aucune peinture dissolue, par les articles 23 & 31 de leurs statuts.

1694
Dictionnaire de Ménage

DOMINO. C’est la partie du camail qui couvre la teste

 

1755
Encyclopédie Diderot d’Alembert tome 5

Domino : sorte de papier dont le trait, les desseins , & les personnages sont imprimés avec des planches de bois grossièrement faites, puis les couleurs mises dessus avec le patron, comme on le pratique pour les cartes à jouer. Le domino se fabrique particulièrement à Rouen & en d’autres villes de province. Il ne peut servir qu’aux paysans, qui en achètent pour garnir le haut de leurs cheminées. Tous les dominos sont sans goût, sans correction de desseins, encore plus mal enluminés, & patronnés de couleurs dures. article de M.Papillon

Dominotier : c’est l’ouvrier qui fait les dominos, les papiers marbrés, & les papiers unis d’une seule couleur.

 

1762
Dictionnaire de L’Académie française,


DOMINO. On appelle ainsi le camail noir que les Ecclésiastiques portent pendant l’hiver. Les Prêtres ont quitté leur domino.
On appelle aussi Domino, Une sorte d’habit de Bal. Domino de taffetas bleu.

 

1771
TRÉVOUX


DOMINO, Ancien mot qui signifiait autrefois du papier marbré, & et peint de diverses couleurs. Les paysans achètent de ces dominos pour garnir leurs cheminées. Les desseins & les personnages en sont imprimés, avec des planches de bois grossièrement faites, puis enluminées & patronnés de couleurs dures.
On appelle encore domino un jeu qui se joue avec une espèces de dés, marqués d’un côté d’un certain nombre de points, depuis:1 jusqu’à 9.

 

1787-1788
Dictionaire critique de la langue française Jean-François Féraud Marseille

DOMINO, s. m. 1°. Camail noir que les éclésiastiques portent pendant l’hiver. Acad. Coifûre des chanoines pendant l’hiver. Trév. Le Rich. Port. ajoute, c’est le camail. Ces trois définitions pèchent par quelque endroit. L’Acad. atribûe le camail, le domino à tous les éclésiastiques, et laisse incertain s’ils le portent au choeur, ou dans la ville. Trév. et le Rich. Port. disent mal à propôs, que c’est une coifûre. On ne se douterait pas que cette coifûre est un camail. Et si le Rich. Port. l’ajoute, il n’ote pas tout a fait l’impropriété du mot coifûre. — Le Dict. de Trév. ne l’atribue qu’aux chanoines; et dans la plupart des Églises, si ce n’est pas dans toutes, le domino diférencié est commun à tous ceux qui assistent au choeur.
   2°. DOMINO est une sorte d’habit de bal. « Un domino de tafetas bleu, couleur de rose, etc.

 

1788
DICTIONNAIRE PORTATIF

Domino, Espece de robe que les prêtres portent, pendant l’Hiver, pardessus leur surplis, & qui a servi de premier modele pour l’habit de Bal & et de Mascarade, qui est aujourd’hui en usage.
On appelle Dominotier, une sorte d’Ouvrier qui fait du papier marbré, parce que les diverses figures de ce papier s’appelloient autrefois Figures de Domino? Cette sorte d’ouvrage se nomme aussi Dominoterie.

 

1798
Dictionnaire de L’Académie française, 5ième Edition


DOMINO, s. m. On appelle ainsi Le camail noir que les Ecclésiastiques portent pendant l’hiver. Les Prêtres ont quitté leur domino.
On appelle Domino, Une sorte d’habit de Bal. Domino de taffetas bleu.
On donne aussi ce nom à un jeu qui se joue avec des espèces de dés d’ivoire oú d’os, où les points ne sont marqués que sur une des faces.

 

1832-5
Dictionnaire de L’Académie française, 6ième

DOMINO. s. m. Camail noir que les ecclésiastiques portent aux offices, pendant l’hiver. Les prêtres ont quitté leur domino. On dit plus ordinairement, Camail.
Il se dit aussi d’Un habillement ou costume de bal, composé d’une robe ouverte, descendant jusqu’aux talons, et d’une espèce de capuchon ou camail. Domino de taffetas bleu. Elle était en domino.
Il se dit, par extension, d’Une personne en domino. Je n’ai pu reconnaître le domino qui m’a parlé. Des dominos.
DOMINO se dit encore d’Un jeu qui se joue avec des espèces de dés d’ivoire ou d’os, très-plats et plus longs que larges, où les points ne sont marqués que sur une des faces. Jouer au domino. Jouer aux dominos.
Il se dit également de Chacune des pièces de ce jeu, ou de La réunion de ces pièces. Les points de ce domino sont effacés. Apportez-nous un domino.
Faire domino, Placer son dernier dé, lorsqu’il en reste encore à l’adversaire; ce qui fait gagner la partie. On dit elliptiquement, Domino, pour annoncer que l’on fait domino.

DOMINO
.A− Vx. ,,Camail noir que les ecclésiastiques portent aux offices pendant l’hiver. On dit plus ordinairement camail«  (Ac. 1835, 1878).
B.− Costume de bal masqué consistant en une robe flottante à capuchon. Un domino noir, rose; porter un domino, être masqué et en domino. Le masque en domino noir paraît au haut de la rampe. Hernani s’arrête pétrifié (Hugo, Hernani,1830, 5, 4, p. 140). Il portait un domino zinzolin et sur le visage un loup noir à barbe de dentelle (Cocteau, Potomak,1919, p. 218):
C.− P. méton. Personne revêtue d’un domino. De galants dominos. Trois grands drôles, costumés en plumets de cavalerie, priaient, − avec les mains, − un domino masqué de se démasquer (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 69).

II° ANNEXE

Dominos
Tableau jeu de l'oie
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